lundi 11 novembre 2013

#on_est_live avec le Royal de Montréal (AUDL)

Pat Gratton (DG), Jean-Lévy Champagne et Jean-Philippe Riopel.
3 des 7 actionnaires actuels de la franchise du Royal.
 
Le ultimate québécois vient de marquer un grand coup : le Royal, une équipe de l'American Ultimate Disc League (AUDL), prendra son envol dès le mois d'avril 2014 à Montréal. 

La nouvelle a trouvé écho dans certains médias de masse, dont le Journal de Montréal, SportCom, TVA Sport et Ronald King de La Presse, mais également chez UltiWorld.

J'ai récemment profité de la tenue du tournoi Movember du CQU4 afin de m'entretenir avec deux des co-propriétaires.


LIVE - Ultimate frisbee - AUDL - #on_est_live avec le Royal de Montréal 



Une équipe pro à Montréal

L'idée d'avoir une équipe pro mûrissait déjà dans la tête de plusieurs joueurs depuis un certain temps. Avec l'augmentation des coûts de la franchise et l'avènement d'une deuxième ligue professionnelle (MLU), ce groupe d'investisseur a eu l'audace de passer des paroles aux actes.

Logos des deux ligues de ultimate professionnelles 
Un peu d'histoire...

Pour revenir aux faits historiques, l'AUDL est la première ligue professionnelle de ultimate a avoir été créée, et ce, en 2012. La ligue a notamment utilisée la notoriété de Brodie Smith et sa chaîne Youtube afin de mousser sa popularité et diffuser les jeux de la semaine de la ligue sur les réseaux sportifs américains. De huit équipes, la ligue en compte aujourd'hui 18 avec l'ajout de Montréal. 

Pas une ligue, mais deux !

À la fin de la première saison de la ligue, le dirigeant des Spinners de Philadelphie, Jeff Snader, fait un coup d'éclat : il quitte l'AUDL et annonce qu'il fonde la Major League Ultimate (MLU) qu'il dote de huit concessions. Les explications brutes de Snader sont d'ailleurs présentées dans un entretien réalisé avec un arbitre de l'AUDL sur Youtube.
L'augmentation des coûts de la franchise de l'AUDL
Depuis, différents blogueurs et forums se sont prononcés sur la différence entre les deux ligues. Certains affirment que la MLU attire davantage de joueurs élites et que le niveau de jeu est supérieur. Lqualité de l'arbitrage est également soulignée, et ce, à la faveur de la MLU. En ce qui a trait à l'équipement, il est important de souligner que l'AUDL a signé une entente avec Discraft, tandis que la MLU, pour des raisons de commandites, a préféré (et osé) s'engager avec le Pulsar d'Innova.

Un modèle d'affaire différent

Pour un investisseur, la principale différence est le prix de la franchise : 15 000$ pour l'AUDL et 125 000$ pour la MLU. Avec l'AUDL, les propriétaires doivent gérer l'ensemble des activités du club (un peu comme les équipes élites du Québec font déjà), les déplacements des joueurs, l'offre télévisuelle, etc. tandis qu'avec la MLU, il s'agit d'un tout inclus.


Certaines occurrences de l'article
méritaient d'être soulignées... 
D'ailleurs, selon cet article de UltiWorld, la MLU serait davantage basée sur un modèle de développement socialiste, tandis que l'AUDL penche plutôt vers une approche capitaliste. En d'autres mots, si tu es un riche propriétaire, tu peux payer le luxe à tes joueurs et ainsi attirer les meilleurs compétiteurs. Si tu es cheap et pauvre, bonne chance. 

Cela se reflète actuellement avec les plans d'expansion de l'AUDL. La ligue aura 18 équipes en lices en 2014 contre huit pour la MLU. Avec un coût de franchise moins élevé, l'AUDL souhaite augmenter ce nombre encore l'an prochain. Bref, contrairement à la MLU, l'AUDL désire développer des marchés et créer de nouveaux bassin de fans, et ce, parfois au détriment de la qualité du spectacle. Selon ce récent article (Skyd) qui affirme que le choix de Montréal semble pertinent pour l'AUDL, la saison 2014 sera déterminante pour le futur de la ligue.


Et le Royal de Montréal dans tout ça?


C'est donc dans ce contexte que le Royal de Montréal tentera de faire sa place dans le monde professionnel du ultimate. En choisissant l'option AUDL, le Royal devra être géré comme une entreprise, trouver des investisseurs, attirer les foules, produire son propre contenu télévisuel et tenter de le vendre aux canaux sportifs de la province. C'est donc un gros défi que devront affronter les actionnaires. D'ailleurs, la récente acquisition de joutes d'ultimate, notamment d'Odyssée, par RDS2 servira assurément le Royal. Dans l'optique où TVA sport est également à la recherche de contenu, un jeu de ''négociation'' pourrait même être mené. 


Le logo officiel du Royal
Quoiqu'il en soit, il appert que la somme initialement requise pour disposer des droits d'une équipe professionnelle de ultimate de l'AUDL (15 000$) n'est que la prémisse à des dépenses plus importantes. 

Si le projet du Royal de Montréal veut survivre dans un contexte ou la présence de deux ligues professionnelles est elle même questionnée, l'équipe aura besoin de l'appui de la communauté du ultimate du Québec... et de plus encore. 

Répondrez-vous à l'appel?

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